NÉOMONARCHISME OU INTÉRÊT NATIONAL ? QU'EST-CE QUI EXPLIQUERAIT L'IMPOSITION DE TARIFS DOUANIERS POUR SIMPLE IRRITATION PERSONNELLE ?
- gleniosabbad
- 1 févr.
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Une analyse de l'article « Further Back to the Future » confirme : la politique étrangère américaine sert à « extraire des ressources » pour Trump et sa coterie
« Elle m'a simplement irrité… C'est pourquoi j'ai imposé un tarif de 39 %. »— Donald Trump, expliquant la punition tarifaire contre la Suisse (Davos, janvier 2026)
Par Glênio S Guedes ( avocat au Brésil )
Après une lecture attentive de l'article académique « Further Back to the Future: Neo-Royalism, the Trump Administration, and the Emerging International System », publié par Stacie Goddard (Wellesley College) et Abraham Newman (Georgetown University) dans la revue International Organization, nous confirmons ce que l'analyse géopolitique sérieuse soupçonnait déjà : la politique étrangère des États-Unis sous Donald Trump n'est ni erratique ni irrationnelle — elle est délibérément conçue comme instrument d'enrichissement d'un cercle restreint d'hyperélites.
Goddard et Newman, en tant qu'universitaires liés à des institutions prestigieuses, adoptent un langage analytique prudent. Ils évitent les termes juridiquement chargés comme « corruption » ou « extorsion », préférant des catégories telles qu'« extraction de ressources », « canalisation d'argent et de statut », « régime politique néomonarchique pervers ».
Mais lorsqu'ils décrivent des tarifs imposés par irritation personnelle et réduits après réception d'un lingot d'or de 130 000 dollars, nous sommes face à quelque chose que tout code pénal d'une démocratie fonctionnelle classerait sans hésitation : corruption d'agent public, coercition pour avantage indu, usage de fonction publique pour enrichissement privé.
LE NÉOMONARCHISME COMME CATÉGORIE ANALYTIQUE
Selon les auteurs, le néomonarchisme désigne un « système international structuré par un petit groupe d'hyperélites qui utilisent les interdépendances économiques et militaires modernes pour extraire des ressources matérielles et de statut pour eux-mêmes ».
Contrairement au réalisme classique — où les États maximisent la puissance nationale — le néomonarchisme opère selon une logique pré-westphalienne : l'appareil étatique sert les intérêts personnels du dirigeant et de son cercle intime, non la nation.
« Au lieu de mobiliser des ressources pour maximiser le pouvoir de l'État, les négociations commerciales américaines ont été utilisées pour extraire des ressources au profit du président et de ses alliés les plus proches. »
LE CAS PARADIGMATIQUE DE LA SUISSE
Chronologie factuelle :
Avril 2025 : Trump impose un tarif de 39 % sur les importations suisses — le plus élevé appliqué aux alliés occidentaux.
Davos, janvier 2026 : Trump confirme publiquement la motivation :
« Elle [Karin Keller-Sutter] était très répétitive… Elle disait : "Non, non, non, vous ne pouvez pas faire cela"… Elle m'a simplement irrité. »
Réponse suisse : Un groupe de milliardaires se rend à la Maison Blanche avec :
Un lingot d'or : 130 000 dollars
Une horloge de bureau Rolex
Résultat : La Suisse obtient « un certain allègement tarifaire ».
Réaction publique suisse : Les citoyens qualifient le paiement de « dessous-de-table indigne ».
Dans pratiquement toute démocratie : punir un pays parce que son chef d'État « irrite » le président = abus de pouvoir ; conditionner l'allègement de la punition à la réception de cadeaux précieux = extorsion et corruption passive.
AUTRES PREUVES EMPIRIQUES
Vietnam : Pendant les négociations pour la réduction des tarifs douaniers, le pays a accéléré l'approbation d'un terrain de golf de 1,5 milliard de dollars pour la famille Trump.
Japon et Corée du Sud : Alliés stratégiques vitaux contre la Chine, ils ont promis des centaines de milliards de dollars en fonds d'investissement devant être approuvés personnellement par Trump.
Inde : Le Premier ministre Modi a reçu une surtaxe de 50 % pour avoir refusé de valider l'allégation fantaisiste de Trump d'avoir « résolu le conflit indo-pakistanais » et de mériter le prix Nobel de la paix.
Brésil : Frappé d'une surtaxe de 50 % en représailles au jugement de Jair Bolsonaro pour tentative de coup d'État.
LA COTERIE TRANSNATIONALE
Goddard et Newman identifient le cercle intime qui profite de l'ordre néomonarchiste :
Famille Trump : Usage direct des négociations diplomatiques pour expansion immobilière mondiale.
Hyperélites technologiques et financières :
Rupert Murdoch (News Corp) : contrôle narratif
Peter Thiel (PayPal, Palantir) : surveillance et infrastructure numérique
Erik Prince (Blackwater) : force militaire privatisée
Caractéristique commune : Ils opèrent sans loyauté envers les frontières nationales ni les législations nationales.
HIÉRARCHIE NÉOMONARCHISTE
Trump manifeste une déférence explicite envers des dirigeants partageant une logique dynastique ou autoritaire : Poutine (Russie), Erdogan (Turquie), Orbán (Hongrie), ben Salmane (Arabie saoudite), Xi Jinping (Chine).
Première visite internationale (deux mandats) : Moyen-Orient, pour être traité « comme royauté » — non l'Europe démocratique.
Alliés démocratiques traités avec mépris : Canada (« 51ᵉ État »), Groenland (menace de prendre la souveraineté), OTAN (attaquée comme obsolète).
CONCLUSION
Goddard et Newman offrent une catégorie analytique essentielle : le néomonarchisme n'est pas un dysfonctionnement — c'est un système.
Comme ils l'écrivent dans The New York Times (26 janvier 2026) : « La première étape consiste à identifier clairement le nouveau statut des États-Unis : un régime politique néomonarchique pervers. »
La question n'est plus de savoir si les Américains comprennent l'évidence. C'est de savoir s'ils s'en soucient encore.
Référence :
Goddard, S. E. et Newman, A. L. (2026). « Further Back to the Future: Neo-Royalism, the Trump Administration, and the Emerging International System ». International Organization, Cambridge University Press.


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